Vous êtes ici : OVSQFRActualités

De Titan à la Terre primitive, la chimie propice à l'apparition de la vie

le 17 juin 2013

Publié lundi 17 juin 2013

« L’atmosphère de Titan, le plus gros satellite de Saturne, nous renseigne sur l’atmosphère de la Terre primitive, avant l’apparition de la vie. » Le 30 mai, la qualité des recherches de la chimiste Nathalie Carrasco lui ont valu sa nomination à la 23e promotion de l’Institut universitaire de France.

Nathalie Carrasco tient à garder quelques heures d’enseignement en chimie atmosphérique et planétaire, notamment dans le master de planétologie d’Ile-de-France. Mais sa nomination à l'Institut universitaire de France lui permet de consacrer l’essentiel de son temps à l’étude de Titan, à 1,2 milliards de kilomètres de la Terre, pour mieux comprendre les conditions d’apparition de la vie sur Terre il y a 3,8 milliards d’années.

Depuis 2005, le satellite Cassini tourne dans les hauteurs de l’atmosphère de Titan, dans un brouillard photochimique très épais formé à partir d’azote et de méthane. Les observateurs spatiaux de la mission partagent leurs mesures avec Nathalie, pour améliorer ses simulations en laboratoire. « En retour j’apporte des diagnostics fins qu'ils ne peuvent pas faire dans l’espace. » Et petit à petit, ensemble, ils cherchent à comprendre quelles ont pu être les conditions environnementales qui ont accompagné l’émergence de la vie sur Terre.

[legende-image]1262860969059[/legende-image]
 
Il manque bien sûr l’oxygène pour que cette atmosphère ressemble à celle de la Terre aujourd’hui. Mais ce mélange peut déjà former des molécules proches des acides aminés, soit «des briques de vie», comme elle le dit joliment.
 
Comment l’atmosphère de la Terre a-t-elle pu former des molécules complexes indispensables à la vie ? Pour répondre à cette question, Nathalie simule des réactions au Latmos. « On introduit dans un réacteur un mélange gazeux de la même composition que l’atmosphère que nous étudions. Nous cherchons les proportions d’azote, de dioxyde de carbone, de méthane propices à la croissance chimique. »

[legende-image]1262860969058[/legende-image]

Nathalie Carrasco utilise les archives géologiques des paléo-climatologues. « Nous savons désormais que la Terre n’était pas glacée il y a 3,8 milliards d'années. Mais nous avons encore beaucoup à apprendre de la chimie de notre atmosphère à une époque aussi reculée. »